La résistance aux antimicrobiens entraîne plus de décès et de maladies dans la région africaine de l’OMS que partout ailleurs : étude

La résistance aux antimicrobiens entraîne plus de décès et de maladies dans la région africaine de l’OMS que partout ailleurs : étude

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Plus de 1,05 million de décès ont été associés à la résistance aux antimicrobiens (RAM) et 250 000 décès étaient imputables à la RAM dans la région africaine de l’OMS, ce qui représente une menace sanitaire sans précédent. C’est ce que révèle une nouvelle étude publiée dans The Lancet Santé mondiale.

Le nombre de décès liés à la RAM dans la région africaine de l’OMS est plus élevé que ceux causés par le VIH/SIDA (639 554) et le paludisme (594 348), marquant un changement crucial dans les défis sanitaires auxquels la région est confrontée. Malgré la prévalence relativement faible de la résistance, la région africaine de l’OMS présente le fardeau le plus élevé de mortalité liée à la RAM, ce qui est en partie dû au fardeau élevé de la mortalité liée aux infections dans la région.

Ce travail est l’analyse la plus complète menée par des chercheurs de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’École de médecine de l’Université de Washington et du Centre de médecine tropicale et de santé mondiale de l’Université d’Oxford. Ils ont examiné les estimations régionales et nationales du fardeau de la RAM, couvrant 47 pays, 23 agents pathogènes bactériens et 88 combinaisons agent pathogène-médicament en Afrique en 2019.

Les résultats révèlent un chiffre stupéfiant de 3,83 millions de décès liés à une infection dans la région, la RAM représentant plus de 25 % de cette mortalité.

La RAM a eu un impact disproportionné sur les résultats de santé, les infections des voies respiratoires inférieures et du thorax apparaissant comme les principales causes de décès, représentant 48 % de tous les décès estimés par la RAM due à des agents pathogènes bactériens.

Notamment, les nouveau-nés d’Afrique centrale et occidentale supportaient un fardeau inégal de mortalité liée à la RAM. Quatre agents pathogènes – Streptococcus pneumoniae, Klebsiella pneumoniae, Escherichia coli et Staphylococcus aureus – se sont imposés comme les principaux coupables, chacun étant individuellement responsable de plus de 100 000 décès associés à la RAM dans la région africaine de l’OMS.

Les implications de cette étude s’étendent au-delà des problèmes de santé immédiats. Les résultats soulignent la nécessité de renouveler les investissements dans le développement et la distribution de vaccins pour prévenir les infections, en particulier contre les quatre principaux agents pathogènes. En fin de compte, l’étude souligne l’importance d’améliorer l’accès aux soins de santé primaires et aux antibiotiques efficaces, en particulier chez les populations vulnérables.

En outre, l’étude met en lumière les défis de la surveillance, en particulier dans les contextes à faibles ressources où les infrastructures de laboratoire limitées constituent des obstacles à des estimations précises. Reconnaissant les lacunes dans les données, le rapport préconise un renforcement des capacités des laboratoires et des efforts améliorés de collecte de données pour affiner les futures évaluations de la RAM.

Malgré les défis posés par l’insuffisance des infrastructures et des capacités des laboratoires, les résultats de l’étude constituent une base essentielle pour façonner les politiques de soins de santé dans la région africaine de l’OMS. Les résultats visent à aider les gouvernements locaux à élaborer des politiques de gestion et de prévention et de contrôle des infections sur mesure afin d’atténuer efficacement l’impact des combinaisons pathogènes-médicaments prévalentes, en utilisant efficacement les ressources disponibles.

Les chercheurs soulignent l’urgence de mettre en œuvre des politiques globales qui s’attaquent aux facteurs complexes contribuant au fardeau disproportionné de la RAM dans la région.

Alors que le monde est confronté à la menace croissante de la résistance aux antimicrobiens, le rapport souligne la nécessité d’une collaboration mondiale, d’interventions ciblées et d’investissements soutenus pour relever les défis complexes posés par la RAM dans la région africaine de l’OMS.

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