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Les médicaments contre le TDAH pourraient-ils réduire le risque de décès prématuré ? Déballage des résultats d'une nouvelle étude suédoise

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Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) peut avoir un impact considérable sur le fonctionnement quotidien et le bien-être général des personnes touchées. Elle provoque divers symptômes, notamment des difficultés de concentration, de l'impulsivité et de l'hyperactivité.

Pour beaucoup, un diagnostic de TDAH, que ce soit pendant l’enfance ou à l’âge adulte, change la vie. Cela signifie enfin avoir une explication à ces défis et ouvre la possibilité d’un traitement, y compris de médicaments.

Bien que les médicaments contre le TDAH puissent provoquer des effets secondaires, ils améliorent généralement les symptômes des personnes atteintes de ce trouble et peuvent ainsi améliorer considérablement la qualité de vie.

Une nouvelle étude a révélé que le traitement médicamenteux du TDAH réduit le risque de décès prématuré pour les personnes atteintes de ce trouble. Mais que pouvons-nous penser de ces résultats ?

Une vaste étude suédoise

L'étude, publiée cette semaine dans JAMA, était une vaste étude de cohorte portant sur 148 578 personnes diagnostiquées avec un TDAH en Suède. Il comprenait à la fois des adultes et des enfants.

Dans une étude de cohorte, un groupe de personnes partageant une caractéristique commune (dans ce cas, un diagnostic de TDAH) est suivi au fil du temps pour voir combien d’entre elles développent un problème de santé particulier (dans ce cas, le résultat était le décès).

Pour cette étude, les chercheurs ont calculé le taux de mortalité sur une période de suivi de deux ans pour ceux dont le TDAH était traité avec des médicaments (un groupe d'environ 84 000 personnes) et pour ceux dont le TDAH n'était pas traité avec des médicaments (environ 64 000 personnes). L'équipe a ensuite déterminé s'il y avait des différences entre les deux groupes.

Qu’ont montré les résultats ?

L’étude a révélé que les personnes diagnostiquées et traitées pour le TDAH présentaient un risque de décès quelle qu’en soit la cause réduit de 19 % au cours des deux années de suivi, par rapport à celles qui avaient été diagnostiquées mais non traitées.

Pour comprendre ce résultat, il est important – et intéressant – d’examiner les causes du décès. Les auteurs ont analysé séparément les décès dus à des causes naturelles (conditions médicales physiques) et les décès dus à des causes non naturelles (par exemple, blessures involontaires, suicide ou empoisonnements accidentels).

Le résultat clé est que même si aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes lors de l’examen des causes naturelles de décès, les auteurs ont trouvé une différence significative pour les décès dus à des causes non naturelles.

Alors que se passe-t-il?

Des études antérieures ont suggéré que le TDAH est associé à un risque accru de décès prématuré dû à des causes non naturelles, telles que des blessures et des empoisonnements.

Dans le même ordre d’idées, des études antérieures ont également suggéré que la prise de médicaments contre le TDAH pourrait réduire les décès prématurés. Ainsi, bien que ce ne soit pas la première étude à suggérer cette association, les auteurs notent que les études antérieures traitant de ce lien ont généré des résultats mitigés et présentent des limites importantes.

Dans cette nouvelle étude, les auteurs suggèrent que la réduction des décès dus à des causes non naturelles pourrait être due au fait que la prise de médicaments atténue certains des symptômes du TDAH responsables de mauvais résultats, par exemple en améliorant le contrôle des impulsions et la prise de décision. Ils notent que cela pourrait réduire les accidents mortels.

Les auteurs citent un certain nombre d'études qui soutiennent cette hypothèse, notamment des recherches montrant que les médicaments contre le TDAH peuvent prévenir l'apparition de troubles de l'humeur, d'anxiété et de consommation de substances, et réduire le risque d'accidents et de criminalité. On pourrait raisonnablement s’attendre à ce que tout cela réduise le taux de décès non naturels.

Forces et limites

Les pays scandinaves disposent de registres nationaux bien tenus qui collectent des informations sur divers aspects de la vie des citoyens, notamment leur santé. Cela permet aux chercheurs de mener d’excellentes études basées sur la population.

Outre sa conception robuste et ses données de haute qualité, un autre point fort de cette étude est sa taille. Le grand nombre de participants – près de 150 000 – nous donne l’assurance que les résultats ne sont pas le fruit du hasard.

Le fait que cette étude ait porté à la fois sur des enfants et des adultes constitue un autre point fort. Les recherches antérieures sur le TDAH se sont souvent concentrées principalement sur les enfants.

L’une des limites importantes de cette étude reconnue par les auteurs est qu’elle était observationnelle. Les études observationnelles permettent aux chercheurs d'observer et d'analyser des phénomènes naturels sans intervenir dans la vie des participants à l'étude (contrairement aux essais contrôlés randomisés).

La limite de toute recherche observationnelle est la question de la confusion. Cela signifie que nous ne pouvons pas être totalement sûrs que les différences observées entre les deux groupes ne soient pas partiellement ou entièrement dues à un autre facteur que la prise de médicaments.

Plus précisément, il est possible que des facteurs liés au mode de vie ou à d'autres traitements du TDAH, tels que des conseils psychologiques ou un soutien social, aient influencé les taux de mortalité dans les groupes étudiés.

Une autre limite possible est la période de suivi relativement courte. Ce que montreraient les résultats si les participants étaient suivis plus longtemps est une question intéressante et pourrait être abordée dans des recherches futures.

Quelles sont les implications ?

Malgré certaines limites, cette étude confirme que le diagnostic et le traitement du TDAH peuvent faire une profonde différence dans la vie des gens. En plus de soulager les symptômes du trouble, cette étude soutient l’idée que les médicaments contre le TDAH réduisent le risque de décès prématuré.

En fin de compte, cela souligne l’importance de diagnostiquer le TDAH à un stade précoce afin que le traitement approprié puisse être administré. Il contribue également à l’ensemble des preuves indiquant la nécessité d’améliorer l’accès aux soins de santé mentale et à un soutien plus large.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous une licence Creative Commons. Lisez l'article original.La conversation

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